10 août 2021

Les 3 énigmes (résolues) de Julie Binay, mon aïeule condamnée à l'exil perpétuel en Guyane (IV)

Cet article en deux parties est la suite d'une série d'articles sur Julie Binay, mon aïeule qui fut exilée au bagne en Guyane de 1896 à 1914.

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Énigme 2 : 1884, l'année maudite -Partie 2


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Palais de Justice du Havre (Circa 1910)

C'est peu dire que 1884 fut une année terrible pour Julie. Dans mon précédent billet, j'évoquais le décès soudain et brutal de Jean-Baptiste, son père, dans un accident survenu le 24 juillet 1884. Un mois plus tard,  c'est un autre épisode qui l'attend.

Julie endeuillée se retrouve sur le banc des accusés au Tribunal d'Instance du Havre pour outrage à la pudeur. Elle y risque une peine jusqu'à deux ans de prison.

07 avril 2021

Les 3 énigmes (résolues) de Julie Binay, mon aïeule condamnée à l'exil perpétuel en Guyane (III)

Cet article en deux parties est la suite d'une série d'articles sur Julie Binay, mon aïeule qui fut exilée au bagne en Guyane de 1896 à 1914.

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Énigme 2 : 1884, l'année maudite -Partie 1


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Dans mon premier article sur Julie, j'avais partagé une intuition sur le décès de son père Jean-Baptiste (et également mon arrière-arrière-grand-père), survenu le 24 juillet 1884 à l'âge de 56 ans :
A cette époque, les conditions de travail dans les carrières sont rudes et les accidents sont fréquents. Même si rien ne me permet de l'affirmer,  j'ai toutes les raisons de croire que le décès du patriarche de la famille [fut] soudain et lié à son activité professionnelle.
Je fondais mon intuition sur un indice. L'acte de décès de Jean-Baptiste précisait comme lieu du décès "la carrière exploitée par l'administration municipale chemin 73" autrement dit son lieu de travail. 

Rien ne me permettait toutefois de confirmer cette intuition quand je publiais mon premier article et je m'y étais je crois résigné. Mais c'était sans compter les charitables efforts de deux de mes lecteurs qui exhumèrent de poussiéreux articles de presse publiés en 1884. Car figurez-vous que le décès de Jean-Baptiste fut assez remarquable pour être raconté par la presse de l'époque. 

Je dois cette découverte à un premier lecteur, Daniel, qui entreprit des recherches dans le Journal de Rouen et fit cette inespérée trouvaille d'un premier récit du décès de Jean-Baptiste

Plus tard, Muriel Bisson, qui prépare un livre sur Julie, me fit parvenir un second article extrait du Journal de Bolbec et découvert par l'entremise du service Archives de la Ville de Bolbec.

Et ce sont ces deux articles mis bout-à-bout qui me permirent de comprendre ce qu'il se passa le jeudi 24 juillet 1884 dans la carrière municipale de la route 73. 

18 janvier 2020

Les 3 énigmes (résolues) de Julie Binay, mon aïeule condamnée à l'exil perpétuel en Guyane (II)

Photo signalétique d'une bagnarde - Extrait du documentaire "Femmes au bagne"

Lorsque je terminais mon dernier article sur Julie Binay, plusieurs inconnues subsistaient.

J'ignorais par exemple ce qu'il était arrivé à Julie après son retour en France en 1914. Était-elle démeurée à Saint-Nazairre son port d'arrivée ? Était-elle rentrée à Bolbec où elle a grandi ? Ou bien à Paris où elle fut arrêtée avant d'être envoyée au bagne ? 

J'avais également l'intuition que le décès de son père en 1884 avait marqué un tournant dans sa vie, plongé la famille dans le malheur et l'indigence et avait obligé Julie à quitter Bolbec pour vendre ses charmes au Havre puis à Paris. Mais je n'en avais aucune certitude.

Je n'avais enfin eu accès à son dossier de bagne que de façon partielle. J'imaginais volontiers ses colères et ses tentatives d'évasion au gré des quelques rapports de l'administration que j'avais pu lire mais là encore il me restait à consulter son dossier dans son entier pour avoir une idée plus juste de la vie de Julie en Guyane.

Après six mois d'enquête, et avec le concours de quelques lecteurs, j'ai réussi à résoudre ces trois énigmes. Je sais maintenant ce qu'il est advenu de Julie à son retour en France et  dans quelles conditions elle est décédée. J'ai  réussi à en savoir plus sur les circonstances du décès de son père et l'incidence que cela a eu sur la destinée de Julie. Et j'ai eu accès à tout son dossier de bagne.

Je partage donc avec vous le premier chapitre d'une enquête qui en comportera trois et qui s'intitule :


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Énigme 1

Ce qu'il est advenu de Julie à son retour du bagne


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09 décembre 2019

Comment j'ai retrouvé la trace de l'immeuble de mes arrière-grands-parents détruit pendant la guerre au Havre ? (suite)

Le 35 rue Emile Zola au Havre - (1909?)

Mes arrière-grand-parents, Pierre Rabec (1876-1941) et Augustine Aubin (1886-1971) ont ouvert une brasserie de cidre au 28-30 rue Emile Zola et ont habité sur le trottoir d'en face au 35 rue Emile Zola.

Dans un précédent billet, je vous expliquais mon travail pour retrouver la trace de l'immeuble où mes arrière-grand-parents - ont vécu. Et les diffucltés que je recontrais pour remonter le temps : la ville du Havre fut rasée à +80% en 1944.

Aujourd'hui, je vais revenir sur mon premier article car j'ai fait plusieurs découvertes d'importance.

28 octobre 2019

Gaston Toutain, mon grand-père, qui fut entraîneur au HAC

(Cet article est évolutif - C'est-à-dire que je le ferai évoluer au fil de mes recherches et de mes découvertes)
Gaston Toutain


Raconter son grand-père c'est forcément émouvant pour un petit-fils. Mon grand-père s'appelait Gaston. Il était entraîneur au Havre Athletic Club, le club doyen du football français des années 1960 à 1980.

Gaston est celui dont tout le monde m'a parlé mais que je n'ai jamais connu. Papiers, magazines, photos, ... Je me suis plongé dans l'histoire de Gaston à la recherche de bouts de son histoire. Je partage dans cet article mes premières découvertes.

De mon grand-père Gaston - le père de mon père - je sais au début de cette enquête tout ce que l'état civil sait m'en dire. 

Il est né le 2 novembre 1922 au Havre. Il s'est marié le 5 avril 1946 à Rose Binay. Rose et Gaston auront sept enfants : Serge, Alain, Joël, Dominique, Thierry, Christine et Bruno. Gaston décède le 25 juin 1986 à l'âge de 63 ans. 

Des récits familiaux, je sais que la passion de Gaston c'est le football. Et surtout un club : le Havre Athlétic Club (HAC), le club de football du Havre.

"Il y était toutes les fins de semaines"

Quel était son rôle au HAC ?

"Il était dirigeant" "bénévole", "entraîneur", ...

Au fil des discussions que j'initie avec ma famille sur mon grand-père, je m'aperçois que le temps a fait son oeuvre et que les souvenirs et les dates ont perdu un peu de leur précision.

Au-delà du temps, je comprends autre chose, c'est que l'investissement de Gaston au HAC était son domaine réservé, un domaine protégé la fin de semaine à l'écart de la famille où il entraînait des dizaines de jeunes au football et leur transmettait sa passion du ballon rond.

C'est à partir de là que débute réellement mon enquête...

Une enquête faite de papiers, de photos, de magazines et des témoins de l'époque pour en savoir plus sur les années football de mon grand-père.

21 mai 2019

Comment j'ai retrouvé la trace de l'immeuble de mes arrière-grands-parents détruit pendant la guerre au Havre ?

Mes arrière grand-parents , Pierre Aimé Rabec (1876-1941) et Augustine Léonne Léonie Aubin (1886-1975), sont arrivés au Havre au sortir de la guerre vers 1918 et ont emménagé au 180 rue Victor Hugo. Ils ont ensuite déménagé vers 1925 rue Emile Zola jusqu'à environ 1939.

Cette dernière adresse est importante dans leur histoire car c'est là que mon aïeul a établi son premier commerce : la cidrerie du Pèr'Rabec. 

J'aurai l'occasion de raconter la vie de Pierre Rabec dans un autre article. Ce qui m'intéresse aujourd'hui c'est d'arriver surtout à visualiser la rue dans laquelle le couple s'est installé. 

Je sais de différentes sources que le commerce était établi aux numéros 28-30 et qu'ils ont habité sur le trottoir d'en face aux numéro 31 et 35.

La difficulté au Havre pour celui qui souhaite remonter dans le temps est que le centre ville fut détruit en septembre 1944 à 82%.

On a du mal à s'imaginer ce que cela signifie concrètement alors j'aimerais montrer au lecteur deux vues aériennes du Havre pour l'illustrer (en jaune la cidrerie de mes aïeux rue Emile Zola).



Vue juxtaposée du Havre (21/04/1939 - 1944) - Source : IGN

La rue qui m'intéresse fait donc partie du centre-ville détruit pendant la guerre et n'existe plus aujourd'hui. Lors de la reconstruction du Havre son tracé a été repris pour donner lieu à une nouvelle rue, la rue Richelieu qui tire son nom de l'ancienne place Richelieu (non reprise lors de la reconstruction) qu'elle traverse.

Comment reconstituer le passé d'une rue qui n'existe plus ?

04 avril 2019

Julie Clémence Binay - Mon aïeule condamnée à l'exil perpétuel en Guyane (I)

Capture du documentaire Femme au Bagne
Capture d'écran du documentaire "Femmes au bagne"

Julie Clémence Binay est la tante de ma grand-mère. En 1896, elle est condamnée au bagne et à l'exil perpétuel en Guyane. Voici son histoire.


Je ne savais pas à quoi m'attendre quand j'ai commencé mes recherches généalogiques il y a quelques mois. Mais sans doute pas à être aussi ému et bouleversé que par l'histoire de mon aïeule Julie Binay.

Sa vie tient presque du roman et c'est peut-être l'une des rares de ma famille que j'arriverai à raconter avec autant de précision. La justice adore documenter les tourments qu'elle inflige. Et c'est paradoxalement grâce à cela que je peux aujourd'hui évoquer la mémoire de Julie Binay.

Mais commençons par le commencement. Qui est Julie Binay pour moi ?